Géographe - Urbaniste
Visualiser les risques d'inondation en 3D : une méthode reproductible
Comment visualiser simplement quels bâtiments pourraient être exposés à une inondation en fonction de la hauteur d'eau ?
J'ai développé une carte interactive en 3D à partir de données topographiques et de données bâtiments. Le principe est volontairement simple : faire varier la hauteur d'eau à l'aide d'un curseur et visualiser instantanément les bâtiments dont le niveau du terrain est inférieur à cette hauteur.
Voir la carte interactive de Bangkok →
Une méthode simple : altitude, hauteur d'eau et bâtiments
La méthode repose sur le croisement de deux informations principales : l'altitude du terrain et la localisation des bâtiments.
À partir d'un modèle numérique de terrain (MNT), il est possible d'estimer l'altitude du sol à proximité ou sous chaque bâtiment. On définit ensuite différents scénarios de hauteur d'eau : 50 cm, 1 m, 1,5 m, 2 m, etc.
Un bâtiment dont l'altitude du terrain est inférieure au niveau d'eau défini est alors considéré comme potentiellement exposé.
La visualisation 3D permet ensuite de représenter directement cette information sur les bâtiments, avec un curseur permettant d'explorer les différents scénarios.
Pourquoi utiliser la 3D ?
Sur une carte 2D, une information comme « bâtiment exposé à partir de 1 m d'eau » reste relativement abstraite.
La 3D permet au contraire de mettre directement en relation le terrain, les bâtiments et le niveau d'eau. En faisant varier ce dernier, on voit progressivement apparaître les zones potentiellement exposées.
L'objectif n'est donc pas nécessairement de produire une simulation plus complexe, mais de rendre une information géographique plus immédiatement compréhensible.
Une méthode reproductible sur d'autres territoires
Bangkok constitue ici un cas d'application, mais la méthode n'est pas spécifique à la ville.
Elle peut être reproduite sur n'importe quel territoire disposant de données altimétriques et de données bâtiments suffisamment précises.
Les données nécessaires peuvent notamment provenir de sources ouvertes comme OpenStreetMap pour les bâtiments et de modèles numériques de terrain disponibles selon les pays et les territoires.
Le workflow peut ainsi être adapté à une commune, une agglomération, un bassin versant ou une autre zone d'étude, avec des sources de données et des niveaux de précision différents selon le contexte.
L'intérêt est justement de disposer d'une méthode relativement légère, qui peut être adaptée à différents territoires sans nécessiter systématiquement la mise en place d'un modèle hydraulique complet.
Une visualisation, pas une simulation hydraulique
Cette distinction est importante.
La carte représente une exposition potentielle basée sur l'altitude du terrain. Elle ne simule pas la dynamique réelle d'une inondation.
Elle ne prend notamment pas en compte la vitesse de propagation de l'eau, les réseaux de drainage, les ouvrages hydrauliques, les écoulements, les obstacles ou les interactions entre ces différents phénomènes.
Pour une étude réglementaire ou une analyse hydraulique détaillée, il faudrait donc utiliser des modèles adaptés.
En revanche, cette approche peut être pertinente pour explorer rapidement un territoire, communiquer sur un risque ou produire une première visualisation spatiale avant d'aller vers des analyses plus complexes.
Du prototype à un outil reproductible
L'objectif de ce projet était donc moins de produire une carte spécifique de Bangkok que d'explorer un workflow de cartographie 3D facilement transposable à d'autres territoires.
À partir de données géographiques relativement accessibles, il est possible de construire une visualisation interactive permettant de tester différents scénarios et de rendre une problématique complexe beaucoup plus lisible.
C'est aussi l'intérêt de ce type de prototype : une fois le workflow défini, il peut être adapté à d'autres villes et à d'autres problématiques de risque ou d'exposition.
Si vous travaillez sur une problématique similaire, sur votre ville ou votre territoire, n'hésitez pas à me contacter, on peut en discuter.